Formation

Sport sur prescription médicale : tous en mouvement !

03 Mars 2026 - Temps de lecture : 3 minutes
Partager :

L’APSPM : derrière cette abréviation un peu compliquée se cache une belle démarche, celle de mettre la pratique sportive au service des publics les plus fragiles. On découvre les Activités Physiques et Sportives sur Prescription Médicale (APSPM) avec Jeanne BELLEVIN, formée à cette spécialité. 

Une formation qualifiante et reconnue

Jeanne, depuis combien de temps êtes-vous animatrice sportive ? 

J’ai suivi la formation CQP ALS AGEE et été diplômée en 2022. J’ai tout de suite été sollicitée par des sportifs ayant eu des blessures, et demandeurs de gestes anatomiques pour continuer à pratiquer. Actuellement, je donne des cours au sein d’une association à Ramonville-Saint-Agne (31), et en étant à mon compte. Grâce à ce statut d’auto-entrepreneur, j’ai pu approcher les collectivités locales et leur présenter l’intérêt de porter le sport santé auprès d’un public socialement isolé ou ayant différentes pathologies. 

Message reçu ? 

Oui, parfaitement ! Ce discours a été très bien perçu. Les médecins et les kinés ont commencé à m’envoyer du monde, ce qui m’a incitée à chercher une formation plus qualifiante. Ayant passé mon CQP ALS avec la Fédération Française Sports pour Tous, j’ai choisi la continuité en suivant la formation continue APSPM. 

 Accueillir et animer un public spécifique

Comment s’est déroulée cette formation APSPM ? 

J’ai participé à celle organisée par le Comité Régional Sports pour Tous Occitanie, avec deux sessions de 4 journées pédagogiques à Montauban, et un stage en immersion. Là, j’ai vraiment été touchée par les hommes et les femmes que j’ai vus arriver dans ces séances dédiées. Ils étaient complètement différents de mon public habituel, et m’ont confortée dans l’envie de progresser. 

La formation APSPM a-t-elle contribué à cette évolution ? 

Totalement. Les formateurs Sports pour Tous insistent beaucoup sur la spécificité de l’accueil APSPM. En plus de la technicité, nous apprenons à encourager la mise en mouvement du corps de personnes qui n’avaient peut-être jamais fait de sport avant, ainsi que la création du lien social entre les adhérents. Sur tous ces sujets, la notion de progression est primordiale. Il n’y a pas de recherche de performance, au contraire. L’important est de commencer à bouger et d’être en confiance, en levant les appréhensions.   

Vous avez face à vous des participants souffrant de pathologies chroniques, de blessures ou sortant de maladies graves. Comment évaluez-vous leurs capacités à suivre une séance de gym ? 

Pendant la formation APSPM, nous avons rencontré un médecin. Cet échange était très utile pour nous fournir des repères et un cadre. Sur ces bases, je réalise toujours un accueil en amont, d’abord au téléphone, puis avant le cours pour discuter avec la personne. Puis je propose un essai, afin qu’elle prenne le temps de se sentir à l’aise. J’invite également les professionnels médicaux, pour qu’ils découvrent cette pratique sportive et orientent leurs patients.  

J’organise aussi des ateliers de 2 h, plusieurs samedis dans l’année, autour d’une thématique spécifique : le bassin, le dos, la colonne vertébrale… J’envoie ensuite aux participants une petite routine d’exercices afin de prolonger les bienfaits du stage.   

Le sport comme facteur de bien-être

Parlez-nous de votre vision de l’inclusion… 

Je ne fais pas de séances réservées aux personnes qui me sont adressées sur prescription médicale, je veux au contraire mélanger les publics. Et ça fonctionne ! Dans mes cours, il y a des valides, des non-voyants, des pratiquants qui ont besoin d’être allongés ou assis pour réaliser le mouvement, pendant que les autres sont sur leurs deux pieds… À moi d’adapter l’exercice, et de prévoir le matériel nécessaire pour chacun, comme des antidérapants, des tabourets, etc. Dans les vestiaires ou pendant le cours, il y a vraiment une notion d’entraide parce que pour moi, c’est une évidence. Je défends l’ambition du sport santé, facteur de bien-être non médicamenteux et vecteur d’inclusion sur le territoire. 

Auteurs
Jeanne BELLEVIN
Animatrice Sports pour Tous - APSPM
Abonnez-vous à la newsletter
Recevez les derniers articles directement dans votre boite mail tous les 2 mois !
*
*
*