Animation sportive

Pratiquer la boxe en douceur, c’est possible

15 Avril 2026 - Temps de lecture : 4 minutes
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L’activité pugilistique dans un environnement sécurisant : non seulement ce n’est pas un leurre mais c’est possible. À condition de mettre en place une méthodologie adéquate pour la pratique de la boxe.

Accueil et pédagogie en maîtres-mots

Déconstruire les clichés autour de la boxe

Comment ne pas appréhender de franchir la porte d’un club de boxe en redoutant d’y laisser des plumes, voire que son intégrité physique soit malmenée ? Tout d’abord en soignant l’accueil et en instaurant une ambiance bienveillante. « Chez nous, il y a un véritable esprit famille, y compris au sens propre puisqu’il y a des pères et des mères qui viennent avec leurs enfants, sourit Johann SAFSAF, Président et Animateur de boxe française au sein de l’Athlétique Club Boxe Défense Avord (ACBD AVORD), dans le Cher. Et puis, nous offrons jusqu’à trois séances d’essai et l’on prête les gants afin que les gens soient en confiance et puissent se faire une idée de l’ambiance qui règne au club. Il est hors de question qu’ils aient la boule au ventre et qu’ils pensent qu’ils vont se faire casser la figure. Au contraire, nous sommes là pour les accompagner. »

Des séances pour apprendre et progresser

Ensuite, tout est affaire de pédagogie pour ne rebuter ni ne blesser personne. « Lors des cours, on privilégie au départ, un travail sur cible dans les gants ou sur un sac, que ce soit avec les pieds ou les poings. Il n’y a donc pas de contact direct. Surtout, les coups ne sont pas appuyés. On fonctionne à la touche », détaille Johann SAFSAF. Le reste est affaire de bon sens et de comportement individuel pour préserver le bien-être de tous.

« On mêle les débutants et les confirmés. Ce n’est pas un souci ni une question de niveau mais de comportement de chacun, justifie Johann. À l’entraînement, on est dans la coopération parce que l’on se rend compte que l’on a besoin de l’autre pour progresser et qu’il ne faut pas le blesser si l’on veut continuer avec lui. En outre, les séances sont orchestrées à l’avance. Les gens savent les exercices qu’ils devront effectuer et ne sont pas surpris par les coups qui vont être délivrés. Ce n’est pas non plus pour rien que l’on emploie un jargon adapté : on ne dit pas frapper mais toucher ; de même, on ne parle pas d’adversaire mais de partenaire. »

Contrôle et sécurité avant tout

Des « touches » encadrées et réglementées

Les assauts dirigés à vocation éducative sont, au demeurant, la norme. Ce qui signifie que l’on n’est pas là pour faire mal. « La puissance est proscrite. Je le martèle à chaque fois, insiste Johann. C’est la virtuosité qui est mise en avant. Parmi les adhérents, il y a tous les âges et tous les poids ainsi que des niveaux et des états de forme différents. On ne peut pas se comparer et cela ne sert à rien de forcer les coups, y compris quand on enchaîne cinq ou six rounds et qu’en terme de cardio, on commence à saturer. Ce n’est pas parce que l’on est dans le rouge que l’on doit compenser un manque de vigilance en tapant plus fort. Lorsque l’on fait des oppositions légères, le but est, au contraire, de multiplier les petites touches afin de créer de l’incertitude et d’éviter à tout prix les coups durs. Un assaut libre, cela ne signifie pas faire n’importe quoi. On est toujours dans le contrôle et la retenue. »

Voilà qui est clair. Sans compter l’aspect réglementaire qui, lui aussi, se veut sécurisant. En effet, jusqu’à seize ans révolus, seule la touche est autorisée pour éviter tout dommage sur des organismes en pleine croissance. Ensuite, pour être habilité à lâcher ses coups, il faut être titulaire d’un grade élevé, en l’occurrence le gant jaune.

Une offre de boxe pour tous les profils

Enfin, une offre de pratiques diversifiée est aussi un gage de séduction pour permettre à toutes et à tous de s’adonner à la discipline comme ils le souhaitent, au regard de leurs appétences et de leurs ambitions. Ainsi, l’Athlétique Club Boxe Défense Avord proposera, prochainement, de la savate forme qui est une sorte de circuit training en musique, au cours duquel on enchaîne, à vide, des techniques de boxe française ainsi que des ateliers spécifiques comme de la corde à sauter. La visée est avant tout de s’entretenir physiquement sans traumatisme.

Autant d’initiatives qui expliquent que l’ACBD Avord compte dans ses rangs 40 % de femmes et presque autant d’enfants de moins de douze ans.

 

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Auteurs
Johann SAFSAF
Président et Animateur de boxe française au sein de l’Athlétique Club Boxe Défense Avord (ACBD AVORD)
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