Gestion du Club

Créer un Club sportif : par où commencer ?

09 Juin 2026 - Temps de lecture : 4 minutes
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Créer un Club sportif est souvent une ambition nourrie par beaucoup. Loin d’être inaccessible, pareille démarche requiert, en revanche, de faire les choses dans le bon ordre. Mode d’emploi.

Identifier un besoin sur votre territoire

Même si l’on n’est évidemment pas là dans une optique commerciale et marketing, le lancement d’un Club doit, pour se justifier et espérer être pérenne, répondre à un besoin. Pour s’en assurer, le mieux est de se livrer à « une analyse du territoire afin de faire le constat de ce qui existe et ce qui n’existe pas encore localement », assure Stéphane BRUNET, Président du Comité Régional Sports pour Tous Pays de la Loire et du CI2S (Centre Initiation Sportif et Social), établi en Pays de Retz.

En somme, il est conseillé d’être à l’écoute pour ne pas dire aux aguets. « Par exemple, cela peut être lors de réunions formelles ou informelles au cours desquelles on entend qu’il y a un public en recherche d’une activité qui n’est pas dispensée dans le secteur, détaille Stéphane BRUNET. Souvent, ce sont des gens passionnés, impliqués dans le monde associatif et qui se connaissent déjà plus ou moins qui se mettent autour d’une table en se disant qu’il serait bien de monter quelque chose. »

En revanche, hors de question de vouloir « marcher sur les plates-bandes » de ceux qui sont déjà implantés localement en prétendant faire mieux. Les Mairies ne goûtent guère ce genre de posture concurrentielle et conflictuelle.

Convaincre les élus locaux de soutenir votre Club sportif

Préparer une intervention ciblée sur l’intérêt du Club

Une fois ces bonnes volontés agrégées, « l’idéal est d’aller rencontrer les édiles des villes où l’on songe à s’implanter, voire de la communauté de communes s’il y en a une, suggère Stéphane BRUNET. Et ce, pour les sonder et savoir si, sur le principe, ils seraient intéressés par le fait d’accueillir un nouveau Club. Ce n’est pas toujours simple car l’on ne sait pas forcément comment amener et présenter les choses. C’est pour cela qu’il faut savoir à l’avance ce que l’on va dire. Il est indispensable de préparer son intervention afin de ne pas arriver « la fleur au fusil ». Le plus simple est, d’abord, de faire remonter le besoin que l’on a identifié sur la base de témoignages. Ensuite, il est préférable de montrer que le projet s’inscrit dans les priorités des pouvoirs publics, lesquels privilégient notamment le sport santé, l’inclusion, l’intergénérationnel, la mixité sociale et de genre etc. »

Il n’est pas inutile de consigner tout cela dans un mémo court et incisif que l’on remet à ses interlocuteurs en fin d’entretien pour qu’ils aient une trace écrite. « Mais il ne faut pas en mettre trop car sinon, on s’y perd. Le but est d’être concis avec des mots bien choisis pour que cela interpelle », insiste Stéphane Brunet.

Organiser un événement sportif pour fédérer : l’exemple du CI2S

Parfois aussi, les élus que l’on a sollicités ne donnent pas suite et ne proposent pas de rendez-vous car ils n’en voient pas l’intérêt ou ont d’autres priorités. Pour les attirer, il est alors possible de « créer un événement qui rassemble autour de l’activité que l’on envisage de mettre en place. On les invite à venir, ce qui leur permet d’aller à la rencontre des participants et de se rendre compte de la pertinence de l’initiative. En quelque sorte, cela leur ouvre les yeux », explique le dirigeant du CI2S.

D’ailleurs, c’est ainsi qu’il a procédé quand il s’est agi de donner naissance à son Club : « Nous avions programmé une animation intergénérationnelle qui associait des 3-6 ans et des seniors autour du thème du Sport Santé Bien-Etre, via le développement et le maintien de la motricité et de la coordination. Ce qui constitue, aujourd’hui, le cœur d’activité du CI2S, lequel s’adresse aux habitants de onze municipalités. Nous avions convié d’autres clubs des environs pour nous aider mais aussi des nutritionnistes. Nous avons fait venir pas mal de monde. Au total, il y avait plus de deux cents personnes dont des élus, notamment de la Communauté de communes, auxquels nous avons pu parler. »

Anticiper d’un an pour éviter les erreurs

Afin de maximiser les chances de succès, l’idéal est de s’y prendre un an à l’avance afin de ne pas tomber dans le double écueil de la vitesse et de la précipitation. « On ne doit surtout pas se lancer sur un coup de tête en disant, à un instant T, « on y va », avertit Stéphane BRUNET. Un temps de réflexion et d’analyse, en amont, est incontournable, le temps de laisser maturer les choses, de les affiner et de bien les présenter aux collectivités. On explique ce que l’on va faire et on tient au courant la commune des diverses avancées tout au long de l’année N-1 puis on met le tout en place à l’entame de l’année N. Au cours des douze mois précédents, on peut aussi organiser deux ou trois évènements sous forme de stages pendant les vacances pour montrer que le projet est viable et gagner en crédibilité. »

Auteurs
BRUNET Stéphane
Président du Comité Régional des Pays de la Loire et du CI2S (Centre Initiation Sportif et Social)
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