Tutorat CQP : un atout pour les Clubs et les futurs animateurs
Nombre de Clubs ont fait le choix de prendre en charge de futurs animateurs qui passent leur Certificat de Qualification Professionnelle (CQP). Une option qui s’avère fructueuse et profitable à bien des égards.
Pourquoi accueillir un stagiaire en CQP ?
Former les futurs animateurs sportifs et préparer la relève
Accueillir des stagiaires CQP, c’est d’abord une façon de passer le témoin. C’est aussi et avant tout une implication altruiste qui témoigne d’un sens du collectif affirmé. « En effet, c’est notre devoir d’encourager les jeunes, qui s’apprêtent à entrer dans la vie active, à mettre le pied à l’étrier et d’aider des adultes désireux de se recycler professionnellement dans le domaine du sport. C’est notre rôle d’assurer la relève », affirme Joseph FLACHI, Fondateur et Référent Technique du Club JoFitSport06 qui chapeaute entre trois et six stagiaires par an en CQP ALS (Animateur de Loisir Sportif) option Activités Gymniques, d’Entretien et d’Expression (AGEE) ou Activités de Randonnée de Proximité et d’Orientation (ARPO).
Pour une structure, c’est là une opportunité de se constituer un vivier d’encadrants qu’elle a elle-même formée et auxquels elle peut faire appel en fonction de ses besoins, en les recrutant à titre permanent ou ponctuel, soit comme salariés, soit comme intervenants extérieurs lorsque les intéressés sont autoentrepreneurs.
C’est d’ailleurs ce que fait le Club JoFitSport06, basée à Vallauris (Alpes-Maritimes) et qui comporte près de 200 licenciés auxquels elle propose une quinzaine d’activités (gymnastique, VTT…). Sans compter des initiations multisports qu’elle dispense au sein des QPV (Quartiers Prioritaires de la politique de la Ville) de Vallauris. Sa spécificité est donc de prendre en charge des publics hétérogènes.
Le tutorat CQP, un levier au service de l’identité fédérale
En outre, les intéressés ayant été formés comme il convient par une entité affiliée à la Fédération, comme c’est le cas de JoFitSport06, ont été imprégnés des valeurs fondatrices du Sports pour Tous mais aussi de celles de l’entité au sein de laquelle ils ont fait leurs premières armes. À savoir, insiste Joseph FLACHI, « l’importance de la dimension relationnelle avec ceux auxquels on s’adresse ; la nécessité de prendre soin des adhérents et de bien les connaître, ne serait-ce, déjà, que leur prénom et leurs attentes ; le refus de toute discrimination ; ou encore, l’absence de compétition ».
Par ce biais, « on maintient et on développe l’identité fédérale qui lie l’ensemble des organes déconcentrés (Comités Régionaux et Départementaux), les Clubs et les licenciés, confirme Jean-François MELANO, Coordinateur de la formation au sein du Comité Régional PACA. Il s’agit de faire en sorte que les nouveaux stagiaires soient les dépositaires de l’esprit Sports pour Tous. En somme, c’est l’occasion, pour le Club, de participer à l’objet social de la Fédération qui est l’inclusion. »
De surcroît, l’alternance permet de « former les animateurs avec des techniques pédagogiques modernes, ce qui est susceptible de créer une dynamique nouvelle en interne et d’inciter les autres encadrants à suivre des formations continues », suggère Jean-François MELANO.
Une collaboration bénéfique pour tous
Un accompagnement progressif grâce au tutorat CQP
Autre vertu : « Cela favorise la communication et la fluidité des relations entre les différents acteurs fédéraux. D’abord, entre le Club et son Comité Régional qui organise les formations, sachant que l’on recherche une complémentarité entre le profil du candidat et l’association qui l’intègre. Cette dernière est pleinement prise en compte dans ses aspirations et non pas considérée uniquement comme un support prestataire. Il y a des échanges réguliers entre l’ensemble des parties prenantes, ce qui est un vecteur pour faire remonter les bonnes pratiques et les initiatives innovantes sur le terrain. On est là dans une démarche gagnant-gagnant, notamment dans la volonté de la Fédération d’étoffer son réseau », conclut Jean-François MELANO.
Au quotidien, les élèves sont épaulés en permanence par un tuteur chevronné puis, en fonction de leur progression et de leur maturation, ils se voient accorder une autonomie d’action progressive à condition de rester dans le canevas et les options de travail qui leurs sont dictées. « On est là sur un process méticuleux qui prend du temps. Il est important qu’ils discutent et côtoient régulièrement tous les membres de l’équipe et s’imprègnent de ce que ceux-ci peuvent leur transmettre. C’est aussi, pour nous, une façon de repenser notre métier, de revenir aux fondamentaux et à ce qui fait sens. Quant aux adhérents, ils apprécient d’avoir de nouvelles têtes porteuses d’une autre approche », sourit Joseph FLACHI.
Des bénéfices tangibles pour le Club
Qui n’ignore pas non plus que le retour sur investissement est réel. « On joue le jeu mais on attend aussi certaines choses, notamment, et c’est souvent le cas, que les alternants se montrent proactifs et soient force de propositions, par exemple, en mettant en place des événements ou en incluant une nouvelle discipline dans notre offre de pratiques afin de la diversifier. Nous n’avons pas la science infuse et ils peuvent vraiment nous apporter. D’ailleurs, à chaque fois qu’il y en a un qui a un projet intéressant, nous l’aidons si nous pensons qu’il a les capacités pour le mener à bien. »
A noter, le tutorat est assuré bénévolement et ne donne pas droit à une indemnisation financière de l’Administration ni à des réductions fiscales, il est, en revanche, une plus-value appréciable, aux yeux des collectivités locales, quand on sollicite auprès d’elles l’octroi d’une subvention. En effet, c’est une preuve que l’on concourt à l’employabilité des jeunes et des moins jeunes.