Animation sportive

Maladies de peau dans le sport : mieux accueillir pour mieux pratiquer

28 Mai 2026 - Temps de lecture : 4 minutes
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Psoriasis, eczéma, vitiligo… Pour des millions de personnes, vivre avec une maladie de peau ne se résume pas qu’à des symptômes. Dans le cadre de la pratique sportive, c’est aussi gérer l’inconfort tout en apprivoisant le regard des autres. Et dans cette équation, l’animateur a un rôle à jouer.

Pratiquer un sport avec une maladie de peau

Des pathologies fréquentes encore méconnues

Les maladies de peau sont des pathologies plus courantes qu’on pourrait le penser. Selon l’étude internationale ALL, menée par les Laboratoires Pierre Fabre en 2023, elles concernent plus d’une personne sur trois à l’échelle mondiale. Alors que les initiatives de sensibilisation progressent, la diversité des cas et la méconnaissance de leurs contraintes spécifiques contribuent à en faire des obstacles silencieux.

C’est notamment le cas dans la pratique d’une activité physique et sportive. Exposition au soleil ou frottements qui aggravent certaines formes de vitiligo, transpiration qui peut brûler en cas d’eczéma, douleurs articulaires liées au psoriasis… les situations pouvant freiner l’accès au sport sont variées, et leur diversité complique naturellement l’adaptation. Autant de réalités différentes que peu d’animateurs ont appris à repérer ou à accompagner.

Le poids des regards dans les séances collectives

Au-delà des contraintes physiques, le regard des autres peut peser tout autant. Certains pratiquants se couvrent entièrement pour ne pas exposer leur peau, face au soleil comme face à autrui. D’autres s’autocensurent avant même d’avoir franchi la porte d’un club.

Béatrice VINCENT est animatrice dans plusieurs Clubs Sports pour Tous des Côtes d’Armor, où elle dirige des séances de Pilates et de gymnastique d’entretien. Elle-même atteinte de vitiligo, elle observe cette réalité des deux côtés depuis plusieurs années.

Dans sa propre pratique, les remarques sont rares. Quand elles arrivent, elles relèvent plutôt de la curiosité que de la malveillance, nous explique-t-elle : « Les gens ne connaissent pas forcément le vitiligo. Je rassure, j’explique, et les regards passent assez vite. » Mais elle souligne que tout le monde ne vit pas sa maladie de la même façon. C’est fort de cette double expérience, ayant déjà accueilli des pratiquants touchés par des maladies de peau, que Béatrice partage ses clés pour faire de la séance un espace où chacun trouve sa place.

Le rôle de l’animateur face aux maladies de peau

Observer sans juger, l’importance des « capteurs »

Pour Béatrice, tout commence bien avant la première consigne. « L’animateur n’est pas là uniquement pour montrer des postures que l’adhérent recopie. Son rôle, c’est aussi d’observer : détecter un visage un peu fermé, une place en retrait, une gêne dans le mouvement« , détaille-t-elle. « Les capteurs, c’est ça : avoir un œil et une oreille partout. »

Encore faut-il savoir quoi chercher. Car la diversité des symptômes et des pathologies contribue à brouiller ces capteurs. Le vitiligo, maladie auto-immune à impact essentiellement visuel, ne se gère pas comme le psoriasis ou l’eczéma, qui peuvent être douloureux et physiquement contraignants. Le point de départ reste pourtant le même pour l’animateur : observer sans présumer.

« Dans mes consignes, j’informe la personne avant qu’on commence : je préviens qu’on va aller au sol, qu’on va travailler sur le dos. Pour s’asseoir autrement ou faire le même exercice dans une autre posture, évidemment qu’il n’y a aucun problème« , illustre Béatrice. « C’est sympa pour quelqu’un de se rendre compte que l’animateur a fait le lien, et qu’il a agi en conséquence. »

Le sport comme levier d’estime de soi

Pas question pour autant d’interpeller quelqu’un sur sa maladie dès le premier cours. La priorité, c’est de laisser la personne apprécier la séance, les consignes, l’environnement et l’ambiance. Installer la confiance, en somme. Les moments de convivialité entre les séances servent ensuite de temps d’échanges privilégiés.

Cela peut commencer dès la rentrée, avec un simple mot en début d’année, continue l’animatrice : « N’hésitez pas à venir me voir si vous avez des contraintes particulières. » Une invitation discrète, mais qui ouvre la porte.

Pour les personnes atteintes de maladies de peau, l’enjeu va au-delà du confort physique. Reprendre le sport, c’est souvent se réapproprier son corps et regagner de l’estime de soi. « Si l’animateur parvient à faire passer le sport avant le problème, c’est gagné« , conclut Béatrice. Se sentir bien dans sa peau, l’expression prend ici tout son sens.

Pour aller plus loin

La Fédération Française Sports pour Tous a conclu un partenariat avec la Fédération Française de la Peau et le laboratoire Incyte, afin de former les professionnels du sport, sensibiliser le grand public et accompagner les personnes porteuses de maladies de peau.

Aussi, un webinaire dédié à l’impact des maladies de peau dans la pratique sportive est organisé le 9 juin 2026 à 17h30, à l’occasion de la journée fédérale Sport Santé Bien-Être.

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S’inscrire au webinaire : « Sports pour toutes les peaux »

Auteurs
VINCENT Béatrice
Animatrice dans six Clubs Sports pour Tous et professeure de Pilates certifiée
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