Sport et arthrose : stop ou encore ?
L’arthrose gâche la vie de nombreuses personnes. Qu’elle affecte un genou ou une hanche, sa présence est souvent synonyme de grimaces au moindre mouvement. Peut-on continuer à bouger malgré la douleur ? Le sport est-il recommandé ?
Qu’est-ce que l’arthrose ?
«C’est une maladie du cartilage et de son environnement. La douleur provient du frottement sur l’os au niveau du cartilage abîmé. L’arthrose concerne toutes les articulations du corps, même si les plus touchées sont les mains, le rachis, les genoux et les hanches, explique le docteur Frédéric Depiesse, médecin hospitalier et ancien athlète.» Si elle est rare avant 50 ans, cette pathologie affecte plus de 65 % des personnes de plus de 65 ans. Elle est donc clairement liée au vieillissement. « La demi vie d’une cellule du cartilage est très longue, environ 120 ans, donc contrairement à une cellule osseuse ou à une fibre d’un muscle, il ne se reconstituera pas et on ne sait ni le changer ni en refabriquer à l’identique, même si la recherche progresse en ce sens ».
Bouger pour prévenir l’arthrose
Membre de la commission médicale à la Fédération Française Sports pour Tous, Frédéric Depiesse intervient également auprès d’autres fédérations sportives olympiques et universitaires. Il côtoie des sportifs depuis des années. Autant dire que l’arthrose est un sujet qu’il connait bien… « Les pratiques intensives créent des pressions répétitives sur les articulations, et usent prématurément les cartilages, surtout lorsque ce sont des sports à impact. »
Le sport, un allié
Heureusement, l’activité physique et le sport – avec une intensité et des pressions plus faibles – sont aussi des alliés. « Le meilleur moyen de protéger le cartilage, c’est de renforcer les muscles de l’articulation tout autour. L’idéal est d’avoir une activité physique de 30 minutes par jour, au minimum 3 fois par semaine. La régularité et la fréquence sont essentielles », insiste Frédéric Depiesse. L’exercice n’empêchera pas l’arthrose de se former, mais il atténuera ses effets.
Résister à l’appel du canapé
Comment avoir envie de bouger quand le genou est gonflé, le dos douloureux, le cou raide ? « C’est vrai, reconnait le médecin, on peut être tenté de se tenir le plus tranquille possible. Pourtant, le fait de rester assis et inactif va aggraver la situation. Il faut absolument bouger et faire travailler son articulation, sauf en cas de crise congestive aigüe. »
Quelle sport pratiquer en cas d’arthrose ?
Quelles sont les pratiques à privilégier en cas d’arthrose ? Les activités portées ou glissées, telles que le vélo, la natation, la marche nordique, le ski de fond, l’aquabike ou l’aquagym sont très adaptées. L’idéal est de mixer les disciplines : gainage, étirements, cardio, musculation ou sports plus toniques mais sans abuser, et surtout en évitant la répétition du geste. Et si le genou est trop gonflé pour partir en rando, on laisse tomber la marche ce jour-là. Mais rien n’empêche de sortir le tapis de sol et de bouger le reste du corps en faisant des mouvements. D’autant que tous les animateurs Sports pour Tous, quelle que soit la discipline, sont formés pour adapter les exercices en cas de douleur.
L’importance de l’activité physique et sportive
Faire du sport génère la sécrétion d’hormones du bien-être. En bougeant, nous produisons de l’endomorphine et de la dopamine, bénéfiques pour notre moral. Le temps d’une séance, on oublie la douleur. C’est toujours ça de pris !
Comment limiter les effets dus à l’arthrose ?
Face à l’arthrose, des leviers d’action existent pour en limiter les effets :
- Mettre de la glace sur la zone concernée pour diminuer la souffrance ;
- Éviter le surpoids, bien sûr, pour limiter au maximum la pression sur ses articulations ;
- Avoir une alimentation équilibrée ;
- Se faire aider par un kinésithérapeute, qui pourra travailler sur le rééquilibrage musculaire ;
- Porter des équipements adaptés. Exemple : en cas d’arthrose du pouce, une orthèse peut soulager et permettre de bouger sans trop solliciter le pouce.
Dans tous les cas, Frédéric Depiesse le répète sans relâche, « le pire serait de ne rien faire. Il faut inclure la pratique physique dans sa vie quotidienne. L’important est de rester en mouvement, afin de lutter contre la sédentarité et l’inactivité. »