Sport en entreprise : les bienfaits de l’activité physique au travail
On ne fait pas référence ici à des performances sportives, mais plutôt au fait d’installer un objectif atteignable pendant sa semaine de travail : bouger un peu chaque jour pour entretenir sa forme. Tout le monde y gagne, les salariés comme les employeurs.
Activité physique en entreprise : favoriser le mouvement au quotidien
Julie GNEMMI, Directrice Technique Régionale du Comité Régional Sports pour Tous Grand Est, organise régulièrement des séances sportives au sein d’entreprises locales.
« Nous préférons parler d’activité physique en milieu professionnel. L’objectif est avant tout de favoriser le mouvement plutôt que de rechercher la performance. Cette approche permet de déconstruire certaines idées reçues, notamment celle selon laquelle pratiquer une activité physique implique nécessairement de transpirer, de fournir un effort intense ou d’avoir mal. Nous souhaitons ainsi montrer que bouger est accessible à tous, quels que soient sa condition physique et son niveau de pratique ». Ce discours pédagogique s’adresse aussi bien aux collaborateurs qu’aux dirigeants.
Les bonnes pratiques individuelles du sport au bureau
Commençons par les gestes les plus simples, que chacun peut mettre en œuvre à son niveau pendant sa semaine de travail. Ces conseils concernent davantage les postes sédentaires, car les métiers plus physiques sont en général sensibilisés aux gestes de prévention et d’échauffement, afin d’éviter les risques de blessures. Pourtant, la position assise face à un écran toute la journée est également problématique.
« Nous intervenons, entre autres, dans les entreprises pendant la semaine de la qualité de vie au travail, pour convaincre les collaborateurs de bouger régulièrement, en adoptant les bons réflexes quotidiens », raconte Julie. À partir de son mantra « Le mouvement, c’est la clé », voilà les astuces qu’elle donne :
- Éloigner un peu la photocopieuse ou la machine à café pour provoquer plus de déplacements,
- Accéder aux étages par les escaliers au lieu de choisir l’ascenseur,
- Prendre son vélo ou venir à pied pour se rendre au bureau lorsque c’est possible,
- S’aménager une courte pause toutes les heures pour s’étirer, faire quelques gestes simples pendant 2 à 5 minutes,
- Passer ses appels téléphoniques debout, en marchant, et non assis. Pour appliquer ce dernier conseil, mieux vaut que la hiérarchie montre l’exemple !
Des séances sportives organisées par l’employeur
En complément de ces bonnes résolutions, les équipes Sports pour Tous se mobilisent auprès des entreprises pour les inciter à « importer » le sport dans leur structure. On le sait, il est parfois difficile de trouver le temps et/ou la motivation de bouger après sa journée de travail. Le fait de pouvoir faire 1 h de gym douce ou de Pilates sur place, dans les locaux professionnels, lève bien des freins.
Julie le remarque, «les femmes notamment apprécient beaucoup de pouvoir pratiquer une activité physique pendant leur pause déjeuner. Mais certaines structures préfèrent des animations 30 minutes avant la prise de poste. Dans tous les cas, nous modulons nos formats pour faire du sur-mesure. »
Quelles modalités et contraintes pour le sport en milieu professionnel ?
Les conditions pratiques pour organiser des séances en entreprise
- L’aménagement : l’entreprise doit disposer d’une salle disponible et adaptée, avec si possible du matériel type tapis et ballons, et le cas échéant, des douches et vestiaires si l’exercice est tonique (cardio, running, etc.). Si ce n’est pas le cas, il est possible de proposer des activités en extérieur.
- Le financement : les animateurs sportifs sont rémunérés par l’employeur via le Comité Régional Sports pour Tous, partiellement ou en totalité. « Mais ce n’est pas une dépense, c’est un investissement, souligne Julie. Des études nationales ont calculé que l’entreprise récupère 6€ pour 1€ investi. Un salarié qui va bien travaille mieux ; il est moins souvent absent et se blesse moins. » Autre dispositif très incitatif : l’organisation peut également prendre en charge tout ou partie de l’abonnement des collaborateurs à une association sportive extérieure.
- La sécurité : le fait de passer des accords avec un club affilié à la Fédération Sports pour Tous présente toutes les garanties nécessaires. Les animateurs sont formés et diplômés, le club a souscrit à toutes les assurances légales, les droits SACEM sont gérés, etc.
Un cadre juridique précis
Emilie DESANDRE, Directrice Administrative et Financière de la Fédération, rappelle le cadre juridique pour programmer des séances sportives sur le lieu de travail : « Si l’entreprise comporte plus de 50 salariés, c’est le CSE, Comité Social et Economique, qui souvent assure la gestion des activités physiques ou sportives. Avec un effectif inférieur à 50, c’est l’employeur qui propose, en collaboration avec les élus du CSE quand il existe. Dans tous les cas, la participation de chaque collaborateur doit rester libre et volontaire, sans injonction ni stigmatisation. »
L’employeur est tenu par ailleurs d’effectuer une analyse des risques, formalisés ensuite dans le DUERP – document unique d’évaluation des risques professionnels.
Une fois ces formalités réglées, place au plaisir de mettre son corps en mouvement et d’agir pour sa santé ! Julie et ses collègues du Comité Régional Sports pour Tous Grand Est lancent régulièrement sur le réseau social professionnel LinkedIn des « cafés business » pour faire connaitre leur offre sport en entreprise. Ces réunions avec des dirigeants sont l’occasion de rappeler les bienfaits de l’activité physique : prévention des risques, réduction de l’anxiété et du stress, effet positif sur la santé mentale, meilleure gestion de la pression professionnelle. Pendant que les muscles travaillent, le cerveau déconnecte. Une pause bénéfique qui permet ensuite de mieux se remobiliser sur les dossiers à traiter.