La bonne méthode pour diversifier les activités de son club sportif
Pour des raisons évidentes, et d’abord pour fidéliser ses licenciés et en augmenter le nombre, un Club a intérêt à étoffer son éventail de pratiques. Mais pas n’importe comment.
Implantée au Havre, l’association Kapsul dispense non seulement des cours de karaté santé incluant des personnes en situation de handicap mais aussi de gymnastique douce à l’intention d’un public senior et/ou sorti d’un parcours médical ou encore, s’étant vu prescrire du sport sur ordonnance. Au menu, une remobilisation des articulations et des chaînes musculaires ainsi que le développement de différentes habiletés et aptitudes physiologiques comme l’équilibre.
Répondre à l’évolution des besoins des adhérents
Une offre adaptée aux pratiquants en reprise d’activité
À ceci près qu’une fois ces objectifs indispensables atteints, certains n’y trouvaient plus forcément leur compte et recherchaient quelque chose d’un peu plus ardu et stimulant. « C’est pourquoi, l’été dernier, j’ai programmé des ateliers de renforcement musculaire et de course à pied de niveau débutant, raconte Mathilde LIOT, fondatrice et animatrice de Kapsul qui a conclu un partenariat avec la Maison Sport Santé du Havre. Le tout avec une réelle dimension pédagogique afin de dédramatiser l’appréhension de l’effort de longue durée et de l’endurance. Il s’est agi d’expliquer comment s’y adonner sans se faire mal en décortiquant la bonne gestuelle. Le but était de casser les idées reçues sur la course à pied, notamment qu’elle serait mauvaise pour l’organisme car source de lésions. Or, le plus souvent, une blessure ne vient pas du sport en lui-même mais d’une mauvaise exécution technique. »
Toujours est-il que la mayonnaise a immédiatement pris. « J’ai souhaité m’adresser également à un public que je qualifierais « d’entre deux », c’est-à-dire qui n’est plus l’objet d’une prise en charge médicale et qui est désireux de reprendre progressivement une activité physique, ce qui ne serait pas forcément possible dans un Club lambda dans la mesure où la marche serait très haute », détaille Mathilde. À noter que ceux qui préfèrent ont la possibilité de substituer la marche active ou la marche nordique au footing.
Tester une nouvelle activité avant de la développer
S’appuyer sur les adhérents pour valider le projet
À l’évidence, le concept a répondu à une demande. Tout sauf un hasard : « J’ai testé l’idée en en parlant préalablement aux adhérents, lesquels se sont montrés enthousiastes, se réjouit Mathilde. En outre, j’avais fait la promotion de ces ateliers sur les réseaux sociaux en les ouvrant à ceux qui n’étaient pas membres de Kapsul. » Il n’en demeure pas moins « qu’au départ, l’essentiel de ceux qui optent pour une nouvelle activité sont des adhérents du Club, rappelle Richard GRUNENBAUM, Conseiller Technique Régional (CTR) du Comité Régional Sports pour Tous Grand Est. Ce n’est que s’ils sont satisfaits, qu’ils vont ensuite ramener du monde de l’extérieur. » D’où la pertinence de procéder progressivement et, dans un premier temps, de tester l’attractivité de la chose dans le cadre d’une séance mensuelle avant de songer à passer à un rythme hebdomadaire.
Passer progressivement à une offre régulière
Un pas qu’a franchi avec succès Kapsul qui propose désormais une séance par semaine alliant course à pied et renforcement musculaire. Elle réunit une quinzaine d’adeptes dont des nouveaux venus. Par ailleurs, Mathilde LIOT partage ses « tips » (conseils) à ceux qui veulent en effectuer une seconde de leur côté, lorsqu’ils sont chez eux, afin qu’ils gambadent dans les règles de l’art et que cela leur soit pleinement profitable.
Les clés d’une diversification réussie pour son club sportif
Cibler le bon public sans perdre son identité
C’est là la clef de la réussite de ce genre de démarche : expliquer l’intérêt de ce type d’initiative, en l’espèce améliorer la santé, et qu’elle soit complémentaire et cohérente avec l’offre déjà existante de la structure. Plus largement, « avant de se diversifier, il est essentiel de réfléchir à qui l’on va s’adresser. Cela peut être des seniors, des actifs, des jeunes, des personnes en situation de handicap etc. La discipline en question peut s’inscrire dans la continuité de ce qui existe déjà ou en être totalement différente. Tout dépend de la manière dont on veut se développer. Dans tous les cas il est important de rester cohérent avec l’identité et l’ADN du Club. D’autant qu’avant de chercher à toucher des licenciés supplémentaires, il convient déjà de conserver ceux que l’on a déjà », insiste Richard.
Valoriser son projet auprès des collectivités
Enfin, il est crucial de savoir se vendre auprès des collectivités locales, en général la Mairie, pour obtenir des créneaux supplémentaires. Pour cela, rien de mieux que de « s’inscrire dans les priorités des politiques publiques, en mettant l’accent sur le bien-être, la santé, l’inclusion et l’accessibilité à tous, notamment aux enfants dont beaucoup ne font pas régulièrement du sport en Club, suggère Richard GRUNENBAUM. Ce sont des choses qui sont, aujourd’hui, fortement recherchées par les pouvoirs publics. »

